Le projet de loi défendu par Mme Lukiana élève la considération de la Congolaise

Déclaré recevable à l’Assemblée nationale

Le projet de loi défendu par Mme Lukiana élève la considération de la Congolaise

Le projet de loi portant mise en œuvre de la parité Homme-Femme a été déclaré recevable par la majorité des députés nationaux au cours de la plénière du 12 avril 2011 au Palais du peuple. La recevabilité dudit projet est intervenue juste après les réponses de la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Mme Marie-Ange Lukiana Mufwankolo aux préoccupations pertinentes soulevées vendredi dernier par les députés nationaux. Derrière les sièges des parlementaires, c’est la foule d’un millier des femmes kinoises venues de toutes les couches sociales pour soutenir la passation de cette loi à la représentation parlementaire. A la main, les effigies de plusieurs partis politiques congolais, preuve de solidarité des femmes en vue d’obtenir leur parité.

Du haut de la tribune, la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant a focalisé ses réponses sur quatre volets, à savoir : des questions d’ordre logistique, l’entendement sur les concepts de base exploités dans le présent projet de loi, du contexte et de la justification de la démarche de ce projet de loi et de l’explication de quelques articles dudit projet de loi.

Concernant les préoccupations majeures d’ordre logistique touchant la formulation de certains articles, Mme Marie-Ange Lukiana a soulevé que l’équilibre entre les différentes parties du texte ou de l’usage de certains termes juridiques dans le projet de loi, elle a joint modestement sa voix à celle de plusieurs autres députés qui ont proposé l’envoi de l’examen minutieux dudit projet de loi à une commission paritaire socioculturelle et politique, administrative et juridique.

Au sujet de l’endentement sur les concepts de base utilisés dans la présentation du projet de loi parité Homme-Femme tel que l’égalité de sexes, équité et parité, la ministre a précisé que l’égalité dont il est en question dans le projet de loi sous examen, n’a rien à avoir avec celle de mathématique et ne porte nullement sur l’identité à créer entre l’homme et la femme dans la société. Elle a souligné que, d’une part, il s’agissait de l’égalité d’ordre juridique lié à l’accès, à la jouissance et au bénéfice de mêmes droits humains par la femme autant que par l’homme.

D’autre part, la ministre du GEFAE a avancé cette notion d’égalité est d’ordre philosophique car fondé sur les différences biologiques et vitales entre les hommes et les femmes en vue de la complémentarité nécessaire dans la vie sociale. Dans ce sens, elle relevé que l’égalité entre l’homme et la femme renvoie à la coresponsabilité naturelle ainsi qu’au partenariat gagnant-gagnant entre les hommes et les femmes dans la société. S’appuyant sur les saintes écritures, Mme Marie-Ange Lukiana a souligné que l’égalité est originelle car, Dieu a créé l’homme et la femme, chacun dans sa différence mais avec la même ressemblance divine et les a donné une mission collégiale. A l’en croire, cette démarche de restaurer l’égalité des droits perdue, l’équité renvoie à la discrimination dite positive qui consiste à accorder un traitement préférentiel à la femme. Elle a ajouté qu’il ne s’agit donc pas de l’équité de faveurs et de gratuités à accorder à la femme au détriment de l’homme au nom d’une quelconque faiblesse, insuffisance reconnue au sexe féminin mais bien des mesures correctives à prendre dans toute société contre les inégalités de fait constatées dans l’évolution masculine des mentalités, des pratiques sociales, des attitudes voire des comportements dans la société. A cet effet, elle a ému le vœu de changer des pratiques négatives et rétrogrades des us et coutumes congolaises grâce à la contrainte de loi.

Question de position et de représentativité

En effet, contrairement à ce que l’on pense, la ministre du GEFAE a rassuré la représentation nationale que la parité homme-femme ne se réfère pas d’abord aux chiffres ni au nombre égal des hommes et des femmes qu’il faille réunir ou rassembler. Mais c’est une affaire de position et de représentativité que peuvent occuper l’homme et la femme à tous les niveaux jusqu’à celui local et rural ainsi que de décisions qui doivent être prises ensemble par l’homme et la femme. Dans un exemple donné, Mme Marie-Ange Lukiana a démontré que dans une école, la parité homme-femme touche plus le niveau de représentativité d’élèves de sexe féminin ou des institutrices qui participent aux instances de prise de décision dans cet établissement scolaire quel que soit l’effectif féminin d’élèves ou du personnel enseignant.

Quant aux préoccupations liées à l’applicabilité et à l’adaptation de ce projet de loi au contexte congolais, la ministre a indiqué que la démarche dudit projet est de mettre en application le principe constitutionnel stipulé à l’article 14 de la constitution du 18 février 2006 voté au référendum populaire par une majorité féminine. En outre, elle a rappelé que le présent projet de loi repose sur deux postulats majeurs, à savoir : l’engagement de plus en plus visible des femmes autant que des hommes dans les divers domaines de la vie nationale depuis le retour de la paix et de la reconstruction nationale en RDC et particulièrement l’engagement politique témoigné par les femmes congolaises à l’occasion des élections démocratiques et transparentes organisées en 2006.

Pour ce qui est du dernier volet lié à l’explication de certains articles dudit projet, notamment ceux en rapport avec les partis politiques, les sanctions envisagées, le chronogramme prévu ainsi que les chiffres utilisés, la ministre Lukiana a réaffirmé aux élus du peuple que l’élaboration, à des différentes commissions du gouvernement en collaboration avec les organisations de la société civile et les experts multidisciplinaires, a pris en compte, dans la mesure du possible, l’effort de rencontrer en chacun de ses articles et d’autres proches ou correspondant existant déjà dans l’arsenal juridique de la RDC pour plus de cohérence et de pertinence.

Après avoir fournit ses éclaircissements à l’endroit des députés nationaux, ledit projet de loi a été déclaré recevable et renvoyé à la commission socioculturelle pour une étude approfondie dans un délai de trois jours avant de le soumettre au vote article par article et à son adoption.

Un pari gagné

Quelques minutes après la recevabilité du projet de loi portant mise en œuvre de la parité Homme-Femme, l’enceinte du Ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant dans la commune de la Gombe, a été inondé des multiples femmes venues remercier, « l’avocat de la femme », Mme Marie-Ange Lukiana Mufwankolo.

Très émue par cette réaction spontanée des femmes, elle a, à son tour, salué l’initiative des femmes congolaises qui se sont montrées unies et solidaires pour une seule cause qui  est celle d’obtenir le feu vert de la chambre basse du parlement pour la parité homme-femme. Elle a, en outre, remercié le chef de l’Etat Joseph Kabila et son épouse, Mme Marie Olive Lembe Kabila pour leur implication dans ce combat de faire accepter la parité Homme-Femme en RDC.  Elle n’a également félicité le Premier ministre pour l’importance qu’il accordait à ce projet de loi. Au niveau de l’Assemblée nationale, la ministre du Genre a salué la détermination des députés hommes, qui ont, pour elle, démontré par leurs votes, la franche collaboration avec les femmes congolaises. Enfin, elle a exhorté toutes les congolaises à ne point négliger leurs foyers sous prétexte de la parité mais au contraire de continuer à remplir leurs tâches familiales en faisant la part entre la vie professionnelle et les obligations et devoirs du foyer.

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